Laurent Blanc déjà au sommet. Pour sa première saison sur un banc de touche, celui des Girondins de Bordeaux, l'ancien international français a été élu meilleur entraîneur de L1 par ses pairs lors de la cérémonie des trophées UNFP. Une récompense qui intervient à quelques jours du duel final entre son équipe et l'Olympique lyonnais dans la course pour le titre. S'il sait que les Rhodaniens restent maître de leur destin, il compte sur les Auxerrois pour contrecarrer leur plan. Il leur a d'ailleurs déjà trouvé une raison de se motiver.
«Laurent Blanc, vous avez remporté votre premier titre en tant qu'entraîneur. Peut il en appeler un deuxième le week-end prochain ?
Ça va être plus compliqué ! En tout cas, ce trophée me fait vraiment plaisir. Je le partage avec mes joueurs qui m'ont rendu heureux pendant toute la saison. Mais aussi avec le staff qui a fait du très bon travail et avec lequel je me suis montré très exigeant. En ce moment, je connais certainement la meilleure facette du métier d'entraîneur, ce qui est très agréable. Je vais m'efforcer de ne pas connaître l'autre, qui paraît plus douloureuse.
Concernant le titre de champion, avez-vous tiré une croix dessus ?
Non, ce n'est pas foutu (sic), mais Lyon a toutes les cartes en main. Nous, on s'efforcera de se présenter à Bollaert comme on l'a fait contre Sochaux. En essayant de jouer notre propre match, avec nos forces. En espérant gagner ce match où Lens où jouera sa survie en Ligue 1. Ça sera certainement un match plus compliqué pour eux que pour nous.
Vous y croyez donc toujours ?
Oui, parce qu'en football, il y a des scénarios qu'on ne peut pas imaginer. Et même si je ne peux pas imaginer que Lyon ne ramène pas un ou trois points d'Auxerre, j'aimerais dire aux Bourguignons que s'ils ne veulent pas que l'OL leur succède au palmarès des équipes ayant réalisé le doublé, il faut qu'ils les battent. Il n'y a que comme ça qu'ils resteront la dernière équipe à avoir fait le doublé Coupe de France-Championnat. C'était en 1996 et j'y étais.
C'est un message aux Auxerrois ?
Non, mais c'est une petite anecdote au cas où ils ignoreraient ma pensée (sourires).
Vous craignez qu'ils lèvent le pied ?
C'est le dernier match, ils ont assuré leur maintien. Bon. Il y aura quand même le public qui viendra nombreux, Lyon, qui est une équipe de référence et qu'on a toujours envie de battre. Peut-être aussi que ce sera l'OL qui sera simplement supérieur.
La qualification en Ligue des champions étant déjà assurée, avez-vous déjà réfléchi à la saison prochaine, notamment au point de vue du recrutement ?
J'y pense comme tous les entraîneurs de L1. On a eu la chance d'avoir atteint notre objectif assez tôt dans la saison. Ça nous a peut-être permis de prendre de l'avance et j'espère qu'on la conservera tout au long du mercato. Mais ça, c'est moins sûr.
Cette équipe aura de toute façon, quoi qu'il arrive, moins d'expérience avec les non- prolongations de contrat de Micoud et Jemmali. Pourquoi ce choix ?
La situation des deux joueurs n'était pas la même. On avait un deal avec Jo pour sa dernière année. On s'était dit qu'on essaierait de faire en sorte que ça se passe le mieux possible. C'est ce qui s'est réalisé. Ça s'est même tellement bien passé qu'il pensait, à juste raison, pouvoir remplir son rôle une année de plus. Mais je lui ai dit que ce serait malhonnête de ma part de le lui proposer car on compte renforcer l'équipe dans ce secteur de jeu. Pour David, c'est la même chose. Je crois qu'il paye très lourdement ces deux graves blessures. J'ai pris mes responsabilités. J'ai été franc avec eux, mais surtout, j'ai fait preuve de beaucoup de respect vis-à-vis d'eux ».
