]"Les sondages se divisent en deux grands ensembles : les sondages politiques, électoraux et tous les autres sondages, sur la vie quotidienne ou à but commercial.
Mais les sondages sont très critiqués et on peut se poser des questions quant à leur but, leur utilité. En effet, un sondage est très peu souvent destiné à dévoiler une réalité sociale, on peut "faire dire n'importe quoi" à un sondage et lui donner pour but une réaction voulue chez la population.
Une personne sondée, par l'abondance des sondages dans la société, aura tendance à se sentir participer à un phénomène de masse.
Répondre à un sondage constitue pour le sondé une participation dans laquelle il a la gratification d'être celui qui , pour une fois, va déterminer la réalité sociale.
Il n'est plus alors très important de posséder un avis formé sur la question, l'acte de répondre l'emporte sur le sens de la réponse.
On peut en déduire qu'une partie des réponses est une réaction à une stimulation instantanée, plutôt que le reflet d'une opinion préexistante.
Le sondage mesure donc pour une partie non négligeable de l'échantillon son propre effet sur les sondés.
De plus, cet effet de déformation de l'opinion est renforcé par la formulation des questions.
Par exemple, si, sur un thème grave tel que les que les mouvements militaires en Irak, la question posée est abstraite et présente le fait comme totalement banal, le nombre d'assentiments à cette action militaire et politique sera important.
Alors que si la question est dirigée et insiste sur la guerre, les armes et les morts de population, les sondés seront réceptifs, compatissants et le nombre d'assentiments sera bien moindre:
Ce décalage montre bien que les sondages mesurent une réponse à une question et non pas la réalité d'une opinion dans la population.
Aux yeux des détracteurs des sondages, la confusion apparaît pourtant fréquente et très volontier entretenue par ceux qui les commandent, et peuvent même choisir de ne pas les publier si les résultats ne correspondent pas à ce qu'ils voulaient démontrer.
D'après le Canard enchaîné du 28/03/07 : " Lepen représente entre 5% et 7% d'intentions de vote. Bayrou devançant Royal. Et Sarkozy flirtant avec les 35 %."
Ce sondage choc ne sera pas publié. Et pourtant, il existe. Il s'agit des "résultats bruts" (avant corrections) obtenus, ces derniers jours, par plusieurs instituts. Pourquoi ne popularisent-ils pas ces chiffres détonants ? Parce que ceux-ci, estiment les chefs sondeurs, sont à des années-lumières des "vraies" opinions des Français."
A cette déformation de l'origine des sondages est encore ajoutée une correction des résultats bruts. Notamment lors de sondages électoraux, les instituts de sondage mesurent l'écart entre les chiffres receuillis lors du sondage et le nombre de vote réels lors de l'élection. Pour éviter un tel décalage lors de prochains sondages, ils mesurent la différence entre les deux résultats et reportent cette analyse sur les sondages suivants; voulant donner une image plus représentative de la réalité. Les détracteurs des sondages considèrent alors qu'on sort de la stricte mesure des déclarations d'intention de vote pour donner un chiffre ayant la prétention d'indiquer ce que les électeurs comptent faire en réalité. Aucun pourcentage réellement exprimé n'est donc publié, et du fait que de très nombreuses corrections y sont appliquées, certaines personnes considèrent ces chiffres comme totalement dénaturés. Comme aucun sondage, quelque soit la technique utilisée, ne peut donner des résultats exacts, le citoyen est en droit de se demander quelle confiance il peut accorder à de telles enquêtes.
Les principales critiques, venant de sociologues et d'hommes politiques tels que Pierre Bourdieu ou Patrick Champagne, reprochent aux sondages d'opinion et électoraux d'occuper une place trop importante dans la société, de prétendre à une représentation pourtnat altérée et de stériliser le débat démocratique en influençant les opinions. En effet, un citoyen formera son vote en fonction des résultats des sondages publiés qui représentent les grands rapports de force du moment, et non pas en fonction de son intention première. Ceci est appelé le "vote utile", déterminé en fonction des sondages. Les sondages électoraux, ayant un tel pouvoir de modification des intentions de vote et des esprits en général, altèrent la réalité et la pensée des citoyens, et est un véritable outil de manipulation.